Présentation de « 12 jours » en avant première à Utopia le 18 novembre

Raymond Depardon dit lui même qu’il ne sait pas pourquoi il est obsédé par l’enfermement et la privation de liberté. Il fait un parallèle étonnant avec une autre de ces obsessions, celle du désert, où il retourne régulièrement, en en parlant comme d’une forme d’enfermement.

Ce n’est pas le premier film qu’il fait sur la question judiciaire et il a déjà photographier la psychiatrie. A la fin des années 70 les italiens lui demandent de prendre des photos de leurs derniers hôpitaux psychiatriques. Une de ces photos marquera ma jeunesse. Vous la connaissez certainement. C’est celle d’un portrait d’un patient de San Clemente qui cache sa tête dans sa veste face au photographe et qui fait partie des photos les plus célèbres de Depardon.

Cette photo pose d’ailleurs la question de l’intimité et du voyeurisme du photographe. Face à cette question, Depardon répond très simplement qu’il a toujours regretté d’avoir été aussi pudique à photographier ses propres parents dont il a fait très peu de photo.

Il cherchait comment filmer encore une fois la justice ou la psychiatrie. « 12 jours » est à la croisé des deux.

Ce matin (18 novembre, à Utopia) nous avons donc trois psychiatres pour discuter avec nous de l’hospitalisation et du soins sans consentement :
Henri Bernard, psychiatre, vice-président de l’union nationale de familles et amis de personnes malades et/ou handicapés psychiques (UNAFAM 84) ;
Guillaume Baer, psychiatre hospitalier pôle Avignon-sud-Durance ;
Hervé Bokobza, psychiatre, ancien président de la fédération française de psychiatre, ancien directeur de St-Martin-de-Vignogoul, membre fondateur du collectif des 39 contre la nuit sécuritaire.

Sur l’absence aujourd’hui de magistrat, juge et même juriste ou avocat (et c’est pas à défaut d’avoir essayé de les faire venir), je voudrai vous lire une phrase extraite des conclusions du rapport d’information de l’Assemblée Nationale sur les hospitalisations sans consentement parut cette année.
C’est un rapport des députés Denys Robiliard et Denis Jacquat de février 2017.

Je cite : « D’après certaines des personnes entendues par la mission, certains Juges des Libertés et de la Détention ne seraient pas loin d’intervenir dans la définition du contenu des programmes de soins (qui est en principe de la seule compétence des médecins). »
http://www.assemblee-nationale.fr/14/rap-info/i4486.asp

Pierre-Jean Ricard,
animateur multimédia du Groupe d’Entraide Mutuelle (GEM) Mine de Rien d’Avignon

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *