Retour de Mises en Scène

Quel plaisir de recevoir cette année encore le Festival du film Précaire à L’Entrepôt. Votre démarche et le sens que vous exprimé à l’égard d’un public que nous croisons souvent dans nos ateliers de théâtre explique la sincérité de notre partenariat. Au demeurant nous espérons vous avoir reçu dans les meilleures conditions à L’Entrepôt accompagné par l’équipe de la compagnie « Mises en Scène ».
La convivialité, la curiosité, l’émotion et la fête étaient aux rendez-vous que vous avait organisé de main de maitre encore cette année. Nous avons noté une diversité accrue des publics qui ont assistés à vos propositions spectaculaires. Bien sur certains habitués étaient venus aussi et nous avons eu beaucoup de plaisir à les retrouver et à passer un moment d’échange et de rencontre avec ces derniers.
La présence exceptionnelle de Nicole Rieu a participé à la réussite de l’édition numéro 5 du Festival.
Nous avons parlé de l’humain avec des films, des rires,  des larmes et donc des chansons.
Bravo et nous l’espérons à l’année prochaine.
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L’équipe de Mises en Scène
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Aux artisans du film précaire

Aux GEMINEUSES ET GEMINEURS ARTISANS DU FESTIVAL DU FILM PRECAIRE 2014 …5ème Edition

Vous m’avez scotché toute une soirée dans les vergers d’Urbain V, et pourtant je me les gelais « graves » malgré vos affectueuses couvertures et votre généreuse soupe. Oui ,vous m’avez scotché par le foisonnement de toutes ces pépites d’images, de mots poétiques et de tranches de vie nous révélant l’autre face du miroir de notre commune humanité faite d’émotions indicibles, de regards tendres et cruels, de reconnaissance et d’indifférence, de peurs et d’hésitations face à la misère et aux dits miséreux  que l’on ne veut pas… ou peut pas regarder… Les regards étaient au cœur de nos questionnements… est-ce que je me reconnais frère en humanité en croisant le regard du mendiant assis à la porte de ma banque et ceux que je croise régulièrement place Pie et rue Carréterie sans plus les voir tant ils font partie du décor de la ville ? Mais qui mieux qu’eux connait notre humaine fragilité…

« Qui existe avant qu’on lui ait dit : « je t’aime » ? »*

Vous nous avez montré une fois de plus que la seule intelligence du cœur vaut mieux que tout l’or du monde… Merci à vous, et à ceux qui vous ont tendu la main pour nous offrir ce 5ème Festival d’une grande qualité d’expression humaine et donc pleinement artistique.

*L’Incandescent de Michel Serre
Roger CORNU est président de l’association semailles à avignon, jardin de cocagne et chantier d’insertion. Il est également militant syndicaliste et éducateur à la retraite.

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Quelques moments forts du festival 2014

Deux moments forts du festival, pour moi, qui sont passé un peu inaperçu à coté du succès des faux duplex et du film « Sous le Pont d’Avignon » de Florine Clap :

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  1. La rencontre entre Isabelle Ringot de Cavaldonne et Mustapha du GEM Mine de Rien, après la diffusion du film du GEM sur Cavaldonne, au Verger Urbain V :

Leurs timidités respectives sur scène, après la diffusion du film du GEM sur Cavaldonne, ont fait que la rencontre fut un peu rapide et brève. Mais moi qui était sur scène avec eux, je peux vous garantir qu’elle fut intense. Alors qu’il a fait le montage du film bien qu’il n’était pas avec nous lors du tournage et ne connaissait donc ni Cavaldonne, lieu de vie autour de l’équitation, près de Sisteron, ni ses protagonistes, Mustapha n’avait qu’une envie pour ce festival, c’était de rencontrer Isabelle, fondatrice de Cavaldonne. A tel point qu’il me reproche aujourd’hui de ne pas lui avoir présenté avant de monter sur scène. Excuse moi, Mustapha, préoccupé par la technique, j’en ai oublié les règles les plus élémentaires de la convenance. Mais sur scène, Isabelle t’a invité a venir faire un tour à Cavaldonne. J’espère que tu ne ratera pas cette occasion de la découvrir chez elle. Cette rencontre fut ponctué par un témoignage poignant d’un résident de Cavaldonne, rencontré par hasard, dans les rues d’Avignon, par Marie-Pierre, notre présidente. Et nous avons appris avec tristesse la disparition de Will, un des protagonistes du film, résident de Cavaldonne. Mais nous ne doutons pas que ces derniers moments furent heureux, dans cette montagne, entouré de ses lapins et de ses chevaux… et de la douceur d’Isabelle et de toute l’équipe de Cavaldonne.

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  1. Le témoignage de Josué Morand, paysans du Var et administrateur de Solidarité Paysans, après la diffusion du film du GEM sur les 20 ans de Solidarité Paysans, à l’Entrepôt :

Sur scène, Josué nous a avoué à plusieurs reprises avoir été épaté par notre film. Il nous a raconté comment, lors du tournage, en voyant arrivé « cette bande de citadins » pour l’interviewer, il s’était dit qu’on ne comprendrait rien à leur problématiques paysannes. Et comment, finalement, dans le film, nous avons compris beaucoup de choses avec «
finesse ». Merci Josué pour cette reconnaissance qui nous touche particulièrement. D’autant que tu as fait près de 3 heures de route, depuis le Var, pour témoigner à notre festival.

Pierre-Jean

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Commentaire d’un spectateur pas comme les autres

Dans la chaleur du jardin Urbain V le 15 nov. 2014 au soir.

Merci de cet accueil, ces invitations à la rencontre, ces explorations vidéos.
Le festival du film précaire : pour ne pas vivre caché.
Et dire la beauté, la différence, l’intérêt commun, les blessures.
Le festival du film précaire : un terreau pour un vivre ensemble respectueux des diversités, pour une ville animée et douce.
A poursuivre.

Vincent Delahaye, Avignon le 22 novembre 2014.

Vincent Delahaye est directeur de l’association Le Village, à Cavaillon, lieu de vie et chantier d’insertion, avec lequel le GEM Mine de Rien entretient des rapports privilégiés. Il fait aussi partie des organisateurs du festival « C’est pas du Luxe » avec la fondation Abbé Pierre et la scène national de cavaillon, sur les pratiques artistiques avec des personnes en situation de précarité, et petit frère du festival du film précaire. Il nous a fait l’honneur, pour la soirée courts métrages en plein air, d’être des rares à rester jusqu’au bout, dehors, au Verger Urbain V et nous a même aidé à ranger les chaises. Il est également, depuis peu, conseiller municipal à la Mairie d’Avignon, délégué à l’habitat d’urgence et aux nouveaux modes d’habitat : intergénérationnel, coopératif, écohabitat.

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Réaction d’un spectateur attentif

Si l’objectif de ce festival est de faire rencontrer deux publics : un public particulier avec le grand public c’est une réussite.
Le public particulier en question est celui que l’on nomme habituellement « les marginaux ». Il est très visible dans la rue, sa dernière demeure. La plupart de ces gens ont perdu un lien chaleureux avec leur famille, un logement, un travail.
Ce public fait peur, il nous renvoie chacun au sentiment d’échec social et à l’expérience de la solitude insondable.
Depuis les années 1980, ce sentiment augmente largement dans la population grand public. Les séparations de couple explosent, le chômage s’amplifie, le logement devient de plus en plus difficile à conserver par manque de moyen financier ou sociaux. Les trois critères de la marginalisation deviennent pour un nombre de plus en plus important de citoyen, une vraie préoccupation qui trouvent de moins en moins de solution.
Auparavant le marginal était exceptionnel en nombre. Depuis le début de la déstructuration du tissus social, la frontière entre le citoyen « normal » et le citoyen « marginal » diminue fortement.
Actuellement tout un pan de la population n’est pas visible. Cependant elle a commencé à décrocher des trois critères énoncés plus haut, ou du lien fort entre ces trois critères : famille/logement/travail.
Côté famille : beaucoup de parents se retrouvent isolé avec des liens à leurs enfants sinon coupés, fortement perturbés ou fragilisés.
Côté travail : problème de salariés se retrouvant rejetés de leur emploi sans raison personnelle mais pour des raisons économiques, dit-on…
Côté logement : regardez combien de gens se retrouvent dans des caravanes, des mobiles home, des cabanons, après avoir été forcé de quitter un logement qu’ils n’arrivent plus à payer.
Après l’expérience de cette débâcle, parfois avant, la santé apporte son lot de problèmes et isole encore d’avantage les individus.
Que reste-t-il alors pour vivre ou survivre?
Les addictions. Elles fleurissent et aggravent la situation personnelle et sociale. Au départ c’est une solution de fuite sympathique qui très vite se retourne contre l’intéressé. Elle lui fait perdre ses capacités de compréhension, ses capacités de création, ses capacités de relation à l’autre, à la loi.
Que reste-t-il alors ?
Il reste l’amitié. Le soutien, la parole partagée, la relation à l’autre par la recherche d’une activité créatrice à travers laquelle je puisse, malgré mes capacités affaiblies, reprendre des forces, surnager dans mes difficultés, plutôt que de sombrer totalement.
La rencontre de personnes pleine d’altérité me raccroche au goût de la vie que j’avais perdu depuis longtemps. C’est un nouvel apprentissage.
Le « Festival du film précaire » à Avignon exprime un paradoxe formidable : réussir à faire rencontrer deux mondes qui d’habitude ne se côtoient que dans la difficulté. Il est ici inversé.
Les créateurs, les réalisateurs, les acteurs sont du monde des marginaux. Ils sont mis en avant dans une visibilité positive, devant un grand public pour qui, bien souvent, c’est une découverte.
Oui ses hommes et ses femmes qui d’habitude nous font peur, se montrent humain comme nous.
Ils sont soutenus par des gens et des structures de qualité qui, malgré leur peu de moyen arrivent à transcender la chute dans la misère et à transmuter la souffrance humaine en espérance, en chaleur qui pousse au renouveau de chacun.
Dans une société matérialiste technologique et sèche qui nous envahit, des oasis existent. Développons-les !

Avignon le 16/11/14
E.R.

Autocritiques des gemineurs

Chaque année c’est différent et toujours intéressant :
Très bons films, touchants, ça fait réfléchir !
Les duplex bien réussis ont remplacé le théâtre.
Un grand public à Utopia, c’était inattendu et excellent, mais les autres jours ?.
Un GEM plus ou moins motivé après 5 années.
A quand une nouvelle version sur Paris ?
JEAN-CLAUDE
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Dans un certain contexte le festival s’essouffle. Les anciens ont pas donné le bon exemple. Mustapha je sais pas où il est. Halim était pas là. Éric était pas en grande forme. Samedi j’avais pris le micro sans permission. Y’avait une complicité avec Sandro. Mais « Ça manque de punch ».
BELKACEM
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Il n’y a pas eu beaucoup de cohésion de groupe. On avait évoqué de faire un travail plus long sur la préparation de la présentation du festival. Moi les scénettes j’en ai ras le cul. Les duplex c’était super.
MARIE et PAXI
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Même si y’a une seule personne pour le festival, c’est bien. J’ai eu des retours de personnes qui ne connaissais pas. Et moi je suis jamais déçus de ce qui vient de se passer.

  • être dans…
  • être sur…
  • être tout simplement…
  • être au pré,
  • être au K’Aire
  • être en soi-pré du Caire
  • Être Caire … plein de pyramides… c’est un film en soi… 5éme film étirable…
    du pré K’Aire.

CHANTAL
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Trop d’humour pas assez sérieux les duplex. La participation des autres GEM n’était pas là cette année. C’est dommage. On devrait leur demander dès maintenant pour l’année prochaine.
ADIL
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J’ai une idée pour que les gens reste. A la Croix des Oiseaux, il y a des chariots pour distribuer la soupe. Sinon tout était bien. J’ai reconnu des personnes dans les films. Ça m’a plu de jouer Mme Nouméa et c’était bien qu’on cite pas les noms des personnes. Les animateurs étaient biens. Surtout Sandro et Pierre-Jean et aussi Stéphanie et aussi Belkacem le samedi soir. Les repas de Chantal pour la semaine de préparation c’était super bien. C’était mieux que les petits sandwiches du food truck. C’est pas bien qu’après le repas des gens soient partie. Pour Nicole Rieu c’était très bien.
NADIA
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Le doc sur les trieurs c’était pas mal. Le Désert des limites c’était pas mal. L’ambiance impeccable. Ça nous occupe un peu. On voit du monde. Ça m’a fait plaisir de revoir Mises en Scènes. Nicole Rieu ça m’a rappelé mes vingt ans.
AURORE et NICOLE
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C’était mon premier festival. C’était pas mal. J’ai bien aimé le film Sous le Pont d’Avignon. C’est un film qui m’a réellement plu. C’est quand même triste de voir c’est gens à la rue. Le film sur les paysans m’a plu aussi parce que j’étais employé aux contentieux du Crédit Agricole… L’organisation pas mal.
MICHELE
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A mon sens y’a pas eu assez de gens. Mais le film « Waste Land » m’a scotché. Dans la mesure où j’ai trouvé la démarche de Vik Muniz intéressante. Elle montre bien qu’on peut donner un autre regard sur la grande précarité de certaines personnes qui au final ont mieux assumés leur quotidien dans la décharge. J’ai aussi beaucoup aimé « Sous le pont d’Avignon ». Ambiance sympa et bon enfant. Le moment avec Nicole Rieu était très fort aussi.
MARIE-PIERRE
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Oui c’est bon. Tout c’est bien. Manque un peu public. Personnes intéressés je sais pas encore. Les films j’ai peut-être pas tout aimé. J’ai un peu aimé « Waste Land » dans les poubelles. Un peu occupé par le montage et le démontage. Il me faut plus de temps avec vous pour juger le concept. On a commencé le théâtre à beaucoup et puis finalement on était pas beaucoup.
JAREK
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Superbe. Je me suis vu bizarroïde sur l’écran. Nature, « normal » comme le chante Bruno/Sokrat. Trop bon la soupe et tout. A part ça rien de neuf. Je crois que c’est tout. J’ai plus rien à déclarer.
NOURDINE
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Comme d’hab. Nickel. On a bien rigolé. Les films super. Samedi j’ai eu froid alors je suis pas resté.
ÉRIC
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Le premier jour j’étais trop cassée j’ai pas pu venir. Le film sur Vik Muniz, sur les ordures, tu ne vois plus la vie de la même façon : j’admire la dignité de ces gens là. Ça remue les bretelles. Ils sont tous magnifiques. Ça m’a beaucoup touchée. J’ai trouvé Sous le Pont d’Avignon très bien tourné. On voit tout les atypiques d’Avignon.
JANINE
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GEMineuses ! GEMineurs ! Quelle aventure !!
Merci !!! Sans vous tous, je n’aurais surement pas réussit à tenir physiquement et nerveusement jusqu’au bout du festival.
J’ai entendu et vu beaucoup de belles choses pendant la préparation et pendant le festival, j’espère que vous êtes au moins à moitié aussi satisfait que moi.
Lundi, je m’attendais un peu à recevoir vos critiques et à travailler sur comment améliorer mon travail et peut être aussi la prochaine édition du festival, mais les choses ne se passent, comme on les attend, que dans les films (et peut être même, que dans les mauvais films…). Je n’ai pas de doute sur le fait qu’il y aura d’autres occasions.
Je vous embrasse toutes et tous chaleureusement
Prenez soins de vous.
Amitiés
SANDRO
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Y’a 3 ans c’était du lourd. On avait placé la barre très haut. L’année dernière on a fait le job. Cette année la fréquentation a baissé. Et la motivation aussi. On a fait le job aussi. Les gemineurs n’ont pas pris assez le devant de la scène. Sandro a pris trop de place. Sauf dimanche où on s’est dit on joue le jeu. Y’avait pas tout le monde à la préparation. Les duplex c’est une super affaire. PJ tu as fait a l’arrache. Tu as fait ça au dernier moment. Tu étais à la bourre. Hormis la soirée du 15 il faut repenser le festival. On est arrivée en bout de souffle. On ne surprend plus personne. Y’avait pas de grand débat d’après film. Belkacem tu est trop fort en animateur. Belkacem tu as été énorme mais prend plus le devant de la scène. La scène du samedi soir était vide, vous étiez trop contre le mur. Les questions aux réalisateurs n’étaient pas assez préparé. Mais tout ne peut pas être parfait. Il a manqué de moteur pour lancer. Chantal pour la scène de la maison bravo t’étais super. Mais la scène des gens du voyage c’était un monologue de Sandro. Mais si Sandro le fait pas qui l’aurai fait ? Autant y’a deux ans c’était tout le monde.
…DÉSOLÉ DE T’AVOIR TRAHI MAIS C’EST TROP INTÉRESSANT POUR QUE JE L’ENLÈVE DES TÉMOIGNAGES…
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Très bon cru 2014, même si les gemineurs sont assez critiques…
Surtout les anciens qui regrettent qu’il n’y est pas plus de progression d’année en année depuis 3 ans…
Ce qui montre, en fait, leur niveau d’implication.
Moi je trouve que c’est déjà beau qu’on maintienne le niveau !
Et comme le dit Marie : « qu’on s’inscrive dans la durée » !
PJ

 

Réponse à une spectatrice

Oui, je profite des précaires !
Et plus encore que vous ne le croyiez ! Car, non seulement, j’ai la chance de gagner ma vie à leur coté, mais en plus ils sont généreux avec moi. De tout plein de choses qui ne se monnayent pas mais qui sont précieuses. Précieuses ces leçons de vie et de courage qu’ils me donnent tous les jours.

Mais mon métier, en fait, c’est justement de faire en sorte qu’ils tirent profit, eux aussi, de ce que je peux leur apporter.
Quand je suis arrivé au GEM Mine de Rien, il y a bientôt 6 ans, certains m’ont reproché de n’avoir aucun mérite d’être généreux puisque j’étais payé pour ça…
L’année dernière, ils ont voté à l’unanimité pour que j’ai une prime de Noël…
Ha oui, parce que, au GEM, ça se passe comme ça : C’est eux qui décide de presque tout…

Le monde ne se sépare pas en deux, entre ceux qui donnent et ceux qui reçoivent. Ça, ça s’appelle de la charité. Nous, ce qu’on pratique au GEM, c’est de la solidarité.
Nous sommes tous égaux en droit, selon nos besoins, et en devoir, selon nos moyens, et donc égaux en dignité !

Comme l’a si bien dit Yasmina, si on attend la main tendu, on fait pas notre part.
Si le festival du film précaire est reconnu, c’est justement parce qu’on leur donne l’opportunité de prendre part et de participer activement à la vie culturelle et citoyenne de notre cité.
Ce qu’on ne devrait pas trouver normal, en fait, c’est qu’on ne le fasse pas plus ailleurs…

Pierre-Jean Ricard,
animateur multimédia GEM Mine de Rien